Sensations de jeu : entre vibration et électronique
Sur une acoustique : le toucher “roots”
Frapper sur des peaux animales ou synthétiques, sentir le rebond, faire vibrer l’air dans la pièce… La batterie acoustique a ce toucher inimitable, cette interaction physique qui permet de doser, d’explorer toutes les subtilités du jeu : ghost notes, rimshots, rebonds sur la ride… C’est ce qui séduit les puristes et explique pourquoi la majorité des écoles de musique ou conservatoires en France gardent l’acoustique pour la formation des batteurs (95% en 2023 selon La Lettre du Musicien).
Mais à la maison, ce plaisir peut se retrouver limité par les contraintes sonores et spatiales. Même avec des peaux maillées (mesh heads) ou le fameux “kit sourdine”, l’inertie et les vibrations restent présentes, mais le volume reste gênant (même si parfois réduit de 20 à 30%).
Sur une électronique : d’honnêtes progrès… et des sensations en progrès continu
Longtemps critiquée pour son manque de naturel, la batterie électronique a fait d’énormes progrès. Les pads nouvelle génération reproduisent de mieux en mieux la sensation du rebond, certaines peaux maillées offrent un toucher bluffant (Roland V-Drums, Alesis Strike), et la gestion de la vélocité (force du coup) devient vraiment convaincante sur les modèles intermédiaires/haut de gamme (dès 600–800 €). On reste encore à un cran en dessous des caisses en érable question “grain” ou “nuances”, surtout pour le jazz ou le jeu sur balais. Mais pour bosser sa technique, la différence tend à s’estomper, notamment pour les niveaux intermédiaires.
- Pads d’entrée de gamme : toucher parfois “plastique”, rebond différent
- Milieu et haut de gamme (~600–2000 €) : rebond proche de l’acoustique, zones multiples, rimshots gérés, sensations abouties